billet d'humeur

03 mai 2020

BILLET D'HUMEUR ET CRI DU COEUR D'UNE CONFINEE

maxmatinarch534032[1]

 

 

 

03/05/2020

 

Billet d'humeur et cri du cœur d'une confinée...

 

 

Aujourd'hui, cela fera 48 jours que je suis confinée ; que toute la France est confinée, l'Europe, plus de 157 pays dans le monde...

Bref, un arrêt brutal  de l'activité pour nous les humains...

 

Il n'est plus possible d'aller au travail (si cela n'est pas une activité dite essentielle), plus de sortie, plus de promenade, plus de sport, plus d'espace culturel, plus de réunion et de rassemblement, plus d'écoles, plus d'université, plus de restaurant...

 

La vie économique dans le monde entier s'est arrêtée ; il n' y a plus d'usine qui travaille à plein régime, plus d'avion, plus de transports... Les commerces de nos villes sont fermés.

 

Tout cela à cause d'un virus, un virus dont la taille est minuscule qui fait une centaine de nanomètres, (1) beaucoup plus fin qu'un cheveu...

 

Un virus qui a contaminé à ce jour, plus de trois millions trois cent soixante et onze mille quatre cent trente cinq personnes dans le monde (3 371 435) dans 157 pays  et qui a fait plus de 242 000 décès. (2)

 

Un virus qui a bouleversé nos vies et a mis à terre nos fondements économiques et nos principes de vie.

Cependant, ce ralentissement économique, et cette pause dans nos vies, a bousculé l'ordre des choses et nos priorités.

Après la course à la productivité, et à la rentabilité, ont vu se dessinés un ordre moral et des qualités humaines insoupçonnées et qui ont été réveillées par ce bouleversement dans nos vies.

La qualité a supplanté la quantité, et la qualité de la relation humaine est devenue la priorité.

Nous avons vu surgir dans la population, dans le monde économique et dans les entreprises, un accroissement de la bienveillance, de l'empathie et de la solidarité...

Plus de course au profit, plus de course au chiffre d'affaires et au gain... plus d'objectifs à atteindre...

Hier, les secteurs de l'économie considérés comme les moins nobles, et où les salariés sont les plus précaires et les moins bien payés,  tels que le nettoyage, le transport, les coursiers, la distribution, les caissières, ont été mis au devant de la scène pour la première fois, en mettant en avant le rôle qu'ils ont dans notre société, et leur intérêt à la survie de notre écosystème....

Nous avons réalisé et pris conscience qu'ils étaient indispensable à notre survie au quotidien.

 

Il a fallu que nos vies soient menacées, qu'on soit sur le fil du rasoir, pour que nous réalisions à combien  notre interdépendance les uns aux autres est indissociable à la survie de notre espèce.

Aujourd'hui, qui peut voir les choses de la même façon qu'avant ?

Nos manières de concevoir la vie a changé profondément... Nos interactions avec les autres aussi.

 

Il a fallu qu'on soit poussé à bout, pour considérer les choses différemment.

Des élans de solidarités ont vu le jour envers nos voisins, nos aînés, les personnes isolées, envers les sans domicile fixes, envers nos soignants, nos infirmières et infirmiers, nos médecins, nos réanimateurs, nos urgentistes...

Nous reconnaissons le travail de nos soignants au quotidien, leur engagement corps et âmes pour sauver des vies, leur implication dans leur travail....

Nos héros en blouse blanche comme on les a appelés, ont pris toute leur importance aux yeux de tous.

 

Il a fallu attendre une crise sanitaire de l'ampleur que celle que nous vivons afin de reconnaître les conditions difficiles et le manque de moyens de l’hôpital.

Les cris et alertes qu'avait  dénoncé ce secteur en tension, n'ont pas eu d’écho avant cette crise.

 

Il a fallu que le secteur des soins soit éprouvé et mis à rude épreuve, afin que des promesses de budgets supplémentaires lui soit alloués et une revalorisation des rémunérations peut être bientôt octroyée.

Faut-il que nous soyons poussés à bout avant de réagir et changer nos comportements ?

La course effrénée de tous les pays à la croissance économique, est-elle encore justifiée ?

La production de plus en plus de biens dans le monde et une société de consommation poussée à bout peuvent-elles encore être notre modèle économique de nos sociétés occidentales ?

L'expérience que nous vivons ne nous conduit-elle pas à tourner la page de la société de consommation à outrance pour une consommation plus raisonnée ?

Nous voyons très bien ce que conduit une consommation effrénée sur notre environnement et sur la planète.

Un ralentissement de notre consommation en tout genre (transports, biens de consommation, déplacements.... ) pendant cette période du COVID, a montré les effets sur notre environnement. Une planète qui respire mieux, moins de personnes décédées d'asthme et des conséquences de la pollution et de particules fines.

Une nature qui reprend ses droits. Nous entendons à nouveau chanter les oiseaux, nous voyons la végétation se réveiller, le calme dans nos villes a supplanté le tumulte et la pollution sonore... (*4)

Il a été démontré en Chine, une baisse considérable de la pollution à Pékin. Le ciel est à nouveau clair et l'air sain. (*3)  

A Delhi, on voit à nouveau l’Himalaya (*3) et on entend à nouveau le chant des oiseaux... (*4)

Des animaux dans le monde entier reprennent les territoires et villes désertés par les hommes. (*4) 

 

Par conséquent, allons-nous enfin apprendre et tirer des leçons de ce que nous vivons ?

L'être humain doté d'une pensée ne pourrait-il pas tirer des conséquences de cette épreuve ?

J'ai envie de croire en nos capacités à nous régénérer dans le bon sens.

J'ai confiance en la nature humaine et en nos capacités à réagir à ne pas commettre les mêmes erreurs.

Je formule l' espoir qu'on mette l'humain au centre de nos priorités.

 

Face à cette lourde menace, les gouvernants de la plupart des pays, ont montré à ce jour une lucidité et ont pris une décision importante et ont su réagir, plaçant la vie avant l'économie.

Sauront-ils maintenir ce précepte dans la durée ?

Les vieux réflexes libéraux, ne vont-ils pas reprendre le dessus et balayer d'un trait toutes ces bonnes pratiques et intentions ?

J'ose espérer que nous tirerons une leçon de ces événements si particulier.

 

MCF

 

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Photo de Roquebrune Cap-Martin dans les Alpes Maritimes - par Franz Chavaroche - Nice Matin le 26/04/2020

 

(*1): France Culture : les 10 questions que vous vous posez sur le coronavirus – 10/3/2020 (mis à jour le 09/04/2020 ) - Par Pierre Ropert et Hélène Combis

 

(*2) : Le Parisien - le 2 mai 2020 - Coronavirus : plus de 240 000 morts dans le monde

 

(*3): 20 minutes : Coronavirus en Inde : L’Himalaya vu à 200 kilomètres de distance grâce... à la baisse de la pollution –  09/04/2020 –  par Kaiser / Caro

  

(*4): 20 minutes: Planète: Coronavirus: le confinement, une vrai pause pour la faune sauvage? 26/03/2020 – par Fabrice Pouliquen

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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